Photos MInformations de la « Fibre solidaire »

Carnet de voyage : La FibreTextile en Mongolie


Après quelques 17 h de voyage et 6 h de décalage horaire, nous voilà, Annick, Marc et moi, dans ce pays dont nous avions rêvé ; ce projet préparé depuis un an, s’est réalisé grâce à la collaboration des deux associations : la nôtre « La Fibre Textile » et « Agronomes et Vétérinaires sans frontières ( AVSF) ».

Dès notre arrivée, nous sommes accueillis chaleureusement par l’équipe d’AVSF dans leur bureau de la capitale « Ulan Bator » : Cédric d’AVSF et Uugana , de la coopérative des éleveurs d’Arkhangaï (avec qui nous allons vivre notre projet ) ; un repas asiatique préparé par Pearly nous permet de prendre des forces et nos marques dans la ville, en commençant par une première visite : l’usine Altaïcashemere où la coopérative fait laver et éjarrer leur production de duvet de yacks.

Photos MLe lendemain, départ pour Tsetserleg, avec Cédric et Uugana qui avait loué une voiture 4x4 avec son chauffeur ( impossible de circuler autrement dans ce pays ). Chargés à bloc avec nos bagages, des rouets à pédales achetés par une ONG américaine, du duvet prêt à être filé et nos 3 charkhas amenées de France, nous voilà repartis pour 480 kms sur une route en évitant les bosses, les creux et le bétail dans la région centrale, une des plus belles du pays … Des petites haltes bien sympas, nous font découvrir quelques traditions mongoles comme le « ovoo » la maison d’esprit de la montagne qui est un tas de pierres chamaniste où chacun y suspend l’écharpe bleue symbolique, prend 3 pierres et fait 3 tours en faisant un vœu. Nous arrivons vers 19 h et rencontrons Maxime, autre salarié d’AVSF, de Lolita, salariée de GERES (gestion énergie renouvelable environnement solidarité) et Bayarmagnai, président de la coopérative des éleveurs.

Après une bonne nuit dans une guest-house bien confortable, nous faisons les courses pour les repas de ces quelques jours que nous allons passer « à la campagne » et partons à nouveau pour plusieurs heures dans un paysage extraordinaire et bien diversifié : plaines de pâturages, forêts de mélèzes…la piste est bien difficile pour le chauffeur et pour notre dos mais quel plaisir d’admirer ces paysages, ces villages isolés de yourtes, ces troupeaux de chevaux, yacks, vaches, chèvres et moutons ! Nous nous arrêtons même sur un site de l’âge de bronze où de magnifiques stèles sculptées ont résisté au temps. Le soir, à notre arrivée à Asaït bag, village avec des maisons en bois, c’est la femme du chef du bag qui nous accueille avec du thé chaud au lait salé et des gâteaux au yaourt séché très, très durs…Nuit dans cette même salle, sur le sol recouvert de tapis, comme dans un dortoir.

Le lendemain, après un bon thé bien chaud, nous descendons chez le menuisier et faisons connaissance avec sa famille et ses voisins. Nous remontons une des trois charkhas qui servira de modèle pour la construction et permettra aux premières fileuses d’appréhender cet outil. Après une observation très rigoureuse, le menuisier se met au travail avec l’aide de Bayarmagnai et du chauffeur sous l’œil vigilent de Marc ; les outils utilisés sont très rudimentaires ( hache, scie égoïne et rabot) mais extrêmement bien entretenus…. Parallèlement des rouets à pédales et une autre charkha sont remontés et plusieurs fileurs et fileuses, venant d’autres villages, sont déjà à l’ouvrage. Ils sont très enthousiastes et celles qui avaient déjà filé au fuseau, apprennent très vite. Uugana fait patiemment la traduction de l’une à l’autre, Annick s’occupant des rouets à pédales et moi, des charkhas. Les journées d’apprentissage se passent dans une très bonne ambiance, dehors au soleil, dans un décor magnifique au bord de la rivière. Nous nous familiarisons avec les habitudes mongoles, leur alimentation (soupe de nouilles au mouton, yaourts, fromage…) et leur boisson ( thé, lait fermenté…). Le premier soir, la première «  charkha mongole » est terminée et c’est la joie ! Sa femme est très fière de l’expérimenter et réussit merveilleusement (nous pensons même qu’elle pourrait former d’autres personnes).

Photos MPhotos MCédric et Bayarmagnay sont ravis car cela donne beaucoup de perspectives d’autonomie à la coopérative : cet outil est vraiment adapté pour la fibre de yack et constructible sur place. Le menuisier est habile et très consciencieux et il apprend aussi à construire des mandrins et des outils pour le retors.

C’est vraiment drôle de voir partir les dames, en moto, derrière leur mari ou leur fils, chargées du rouet choisi, de son mandrin et de son paquet de duvet à filer pour un mois où il y aura un deuxième rendez- vous de bilan.

Après quelques jours, nous repartons rapidement car la neige menaçait et le froid arrivait. Un long trajet nous amena à notre prochain rendez-vous de formation car toute l’équipée propose de profiter de l’occasion pour faire un peu de tourisme : une ascension magnifique de 400 m sur le volcan Khorgo Uul et le tour du très grand lac blanc.

Après une journée et demi, nous sommes accueillis au campement de Hangay, dans la yourte d’une vieille dame avec le traditionnel thé au lait puis nous assistons à la traite des yacks qui est une lourde tache pour les femmes, matin et soir, pendant 2/3 h.

Là encore, l’installation des rouets et charkhas se fait sur des tapis, dehors au soleil, quel régal ! L’initiation au filage dure deux jours avec cinq/six femmes tout aussi volontaires et enthousiastes….certaines apprennent très vite et perfectionnent leur technique ; elles peuvent ainsi appréhender le retors, la mise en écheveaux sur les nouveaux mandrins «  mongols » et le blocage.

Tous ces moments de partage, dans ce décor somptueux, ont une fin et les adieux, toujours aussi chaleureux, arrivent souvent trop vite, en buvant chacun son tour, un peu de lait de yack et en posant pour les dernières photos qui nous rappelleront que ce que nous avons vécu n’était pas un rêve !!

Le retour à la petite ville de Tsetserleg fut malgré tout bien apprécié surtout pour la douche et les repas aux menus plus végétariens. Retrouver les amis, connaître le travail de l’équipe d’AVSF et de la coopérative, aller au marché pour quelques souvenirs, visiter le monastère, le musée….furent quelques activités qui nous ont occupés avant le retour d’Annick (son travail en France l’appelait) et notre départ pour deux semaines d’escapades dans d’autres lieux (le nord, le sud…. le transmongolien….) dans ce pays si dépaysant et si envoûtant.

Annie, Marc et Annick


 

 

 

Des nouvelles de Mongolie

 


Encore merci et bravo pour toutes vos qualités, humaines et techniques, qui ont fait que cette semaine en Arkhangai fût un véritable succès. 

Je suis reparti ce jeudi avec Bayarmagnai en tournée dans les sums de Khangai et Jargalant à la rencontre des fileuses et du menuisier, pour la dernière partie bilan de la formation filage 2012 : utilisation du mandrin pour produire des écheveaux de 100gr, discussion autour des fils filés par les nouvelles fileuses, pelotonneuses manuelles...

Nous avons pris livraison des nouvelles charkhas magnifiques et des mandrins. Les premiers résultats d’utilisation des charkhas sont impressionnants : dans 100% des cas, le fil est plus fin, régulier et surtout beaucoup plus doux que le fil des Ashford et Louet ! Incroyable ! … encore bravo et merci pour votre aide !

Toutes les fileuses formées cette année sont motivées.

L’AG de la CAAD le 28 Novembre, moment fort de la vie de la Coopérative, sera l’occasion pour revoir de nouveau, les fileuses, et tenter de voir celles que nous n’avons pas trouvées en Octobre.

En espérant vous voir en décembre ou janvier en France.

Cédric Bussac